Ciaranico, un lecteur de Free Mobile iPhone, revient sur l’interview de Xavier Niel par François Sorel dans l’émission “De quoi j’me mail?” du 13 janvier dernier. Il revient notamment sur plusieurs déclarations d’importance telles que le prix de l’iPhone chez Free Mobile, la portabilité, le mode modem, la qualité du réseau et l’itinérance…

Invité de François Sorel dans l’émission de RMC “De quoi j’me mail?” le 13 janvier, Xavier Niel, PDG d’Iliad, a fait plusieurs déclarations d’importance.

Peu loquace sur les clauses du contrat avec Apple (politique de la firme à la pomme oblige), Xavier Niel avant d’égratigner une nouvelle fois ses concurrents, les 3 principaux opérateurs français, a tenu à préciser que le prix élevé des iPhones vendu par sa société n’était pas lié à un coût de crédit quelconque, puisque le prix ne varie ni à l’achat comptant, ni à l’achat étalonné sur 12, 24 ou 36 mois.

A la question d’un auditeur sur le fait de savoir quand arriveraient les premières cartes SIM de ceux qui ont fait le choix de quitter leur opérateur précédent, Xavier Niel a expliqué le mode de fonctionnement d’un système qui auparavant et de manière assez opaque, consistait en migrations de quelques milliers d’abonnés, négociées tacitement entre les opérateurs. Le PDG d’Iliad a semblé assez peu optimiste sur ce système informatique de migration, plutôt sous-dimensionné. Autant dire que la portabilité des numéros risque d’être, pour certains, un chemin de croix avec à la clef, d’éventuelles coupures de service, totalement intolérables, selon Xavier Niel.

Ces débuts difficiles mettent en lumière le désir de Free de mettre au pas les autres opérateurs, dont les “ripostes” de ces derniers jours sont balayées d’un revers de main par Xavier Niel : aucune ne lui semble “sérieuse” à cette heure. Et d’affirmer qu’il garde en réserve de réelles nouveautés, qu’il ne rendra publiques que lorsque ses concurrents se seront vraiment alignés en terme de prix ET de services. On notera en passant la volonté de Free d’imposer son rythme non seulement aux opérateurs français mais également aux opérateurs étrangers, sur la délicate question du “roaming” (l’annulation par les différents opérateurs de dettes de “plusieurs milliers d’euros” témoigne, toujours selon Xavier Niel, que ces tarifs abusifs ne sont “que de la marge”).

Mais le fondateur de Free a confirmé une autre information, qui pourrait sembler insignifiante de prime abord, mais qui est un des éléments de sa stratégie visant à rendre du pouvoir d’achat aux français (environ 7 milliards d’euros, selon Le Figaro): la possibilité d’utiliser les téléphones mobiles comme modems. Une famille en vacances pourrait surfer sur portables et tablettes sans onéreuses clefs 3G, à l’aide d’un seul forfait Free Mobile, dont le mode data est illimité. Un réel plus pour les consommateurs, bridés jusqu’à présent par des opérateurs mobiles plutôt orientés vers l’usage “minitel” que vers l’usage d’un Internet réellement libre. On appréciera également la possibilité d’utiliser le mode IP, étouffé par les autres opérateurs, et enfin rendu disponible par le trublion Free. Peut-être trop tard?

Aucune inquiétude également pour la qualité du réseau, déjà testé par les employés de Free depuis l’automne, et un cercle élargi de testeurs: le réseau sur-dimensionné d’ Orange , loué en attendant de disposer de son propre réseau, est largement apte à accueillir une arrivée massive de nouveaux utilisateurs.

Aucun commentaire (ni aucune question du reste de la part du journaliste de RMC François Sorel) sur la possibilité d’abonnements multiples et sur les options offertes par l’espace abonné : il faut donc attendre et jouer la carte de la prudence, notamment pour ceux qui pourraient redouter que les autres opérateurs ne “jouent la montre”, voire “l’obstruction” devant une véritable hémorragie de leurs abonnés. Mais la guerre est perdue d’avance, et ils céderont, comme ils l’ont fait lors de la “guerre des prix” de l’ADSL il y a 10 ans, en 2002.

par Ciaranico

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