Le groupe SFR /Numericable avait déjà proposé de racheter Bouygues Telecom pour 8 milliards d’euros sans succès. Cette fois-ci, on monte à 10 milliards.

Free avait proposé 6 milliards d’euros pour racheter Bouygues Telecom. Puis Orange avait fait sa proposition de 8 milliards que SFR avait également faite quelques mois après. Mais Martin Bouygues soutenait que l’opérateur Bouygues Telecom n’était pas à vendre. Au contraire même, les restructurations internes allaient permettre à l’opérateur de s’imposer dans le milieu de la téléphonie mobile.

Mais depuis ce weekend, le SFR -propose-10-milliards-pour-Bouygues-Telecom-738494" target="_blank">Journal Du Dimanche affirme que SFR propose une nouvelle offre de 10 milliards d’euros en cash pour Bouygues Telecom. Ce dernier aurait laissé entendre que « L’offre de Drahi n’est pas convenable et pas bouclée, notamment financièrement ».

Patrick Drahi, via Altice qui détient Numericable, a racheté SFR , puis Virgin Mobile et enfin SuddenLink aux Etats-Unis. Si un accord de vente était trouvé avec Bouygues Telecom, le groupe Altice afficherait une dette de plus de 40 milliards d’euros mais tout va bien… visiblement les banquiers suivent.

Face à cette proposition, Bouygues Telecom serait-il en train de réaliser un gros coup de bluff en estimant que le dossier n’est pas solide ? On laisse entendre que Martin Bouygues céderait son opérateur Telecom pour 11 milliards d’euros, soit plus de 25% par rapport aux estimations du marché. Une telle pirouette serait un coup de maître si la vente peut vraiment avoir lieu.

Reste un autre point de taille : l’Autorité de la Concurrence. Alors que le Gouvernement attend énormément des enchères sur les fréquences 700 mhz et souhaite conserver un marché à quatre opérateurs mobiles, le scénario de la cession de Bouygues Telecom viserait à concéder de la part d’Altice des fréquences et des antennes à Free Mobile ainsi que des boutiques Bouygues. Xavier Niel et Patrick Drahi se seraient déjà entendus à ce sujet d’après le journal, malgré les relations houleuses entre les deux hommes. Mais en affaires, on peut toujours s’entendre, surtout s’ils s’agit de voir un concurrent disparaître. De ce fait, l’Autorité de la Concurrence serait plus à même à valider le rachat.

Free n’a plus besoin de racheter un opérateur mobile. Avec une couverture de 78% de la population en 3G, Free Mobile n’a aucun intérêt à payer le prix fort pour un réseau mobile complet. En revanche, dans ce cadre, récupérer quelques antennes et des fréquences pour un investissement beaucoup plus faible est une bonne affaire à saisir. Par ailleurs, la disparition de Bouygues Telecom ferait passer Free à 20% de part de marché.

Orange , via son patron Stéphane Richard, milite pour un retour à trois opérateurs mobiles en France. S’il n’est pas étonnant que Orange ne voulait pas d’un quatrième opérateur mobile avant l’arrivée de Free Mobile, le discours n’a pas changé. Orange serait même prêt à faciliter la disparition de Bouygues Telecom en récupérant « plusieurs centaines de salariés de Bouygues Télécom pour assurer les garanties sociales. Les 30 000 départs à la retraite qu’ Orange va gérer d’ici 2020 lui permettront d’absorber tous ces nouveaux effectifs ». On a quand même du mal à croire que Orange va intégrer autant de nouveaux salariés. Afin d’y trouver son compte, les abonnés Virgin Mobile lui seraient attribués.

En tout cas, si un tel scénario devait arriver, Free Mobile se frotterait les mains. La politique tarifaire de SFR n’est visiblement pas à la baisser des prix des forfaits mobiles ou fixe, bien au contraire. Dans ce contexte, Free pourrait tout à fait obtenir une meilleure croissance avec des recrutements toujours aussi soutenus.

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