Selon SFR , si Bouygues Telecom dispose de la 4G sur la bande de fréquences 1800 Mhz, SFR mettrait fin à 5000 emplois. Bouygues Telecom dénonce le chantage de son concurrent.

Orange et SFR ne veulent pas que Bouygues Telecom puisse convertir ses fréquences 2G à 1800 Mhz en fréquences 4G. A juste titre, les opérateurs ont indiqué que changer les règles du jeu après avoir payé très cher les licences 4G serait injuste.

Pour sa part, SFR évoque la perte de 5000 emplois si un tel scénario devait se produire. Le PDG de l’opérateur, Stéphane Roussel, n’y va pas par quatre chemins  : “J’ai écrit avant Noël au président du régulateur et au Premier ministre. Si Bouygues Telecom obtient les fréquences en 1.800 MHz, alors cela entraînera la destruction de 5.000 emplois dans l’écosystème SFR

Bouygues Telecom dénonce un chantage à l’emploi : “ces chiffres ne sont pas crédibles. Certains cherchent à faire pression sur les pouvoirs publics en exerçant un chantage à l’emploi sur des bases tout à fait fantaisistes.”

Ce n’est pas sans rappeler l’arrivée de Free Mobile dans le marché de la téléphonie mobile en France. Les opérateurs avaient alors menacé de supprimer des emplois. Visiblement, la même technique est utilisée ici à l’encontre de Bouygues Telecom.

Si Bouygues Telecom devait attendre 2014, SFR insiste en précisant qu’il s’agirait alors de 3000 emplois perdus. Dans un contexte où le Gouvernement est particulièrement attentif à la question du chômage, Bouygues Telecom dénonce “un chantage à l’emploi exercé sur les pouvoirs publics” et s’interroge : “Comment peut-on croire qu’un simple changement technique dans le mode d’utilisation d’une bande de fréquence, le 1800 MHz, par un seul opérateur qui ne représente que 16 % du marché, puisse entraîner la suppression de la moitié des effectifs de SFR  ?”.

Pour sa défense face aux règles du jeu qui pourraient changer, Bouygues Telecom rappelle que pour acquérir ses licences 4G, il a également dépensé une forte somme, plus de 900 millions d’euros pour les fréquences 4G 800 et 2600 Mhz.

Pour mémoire, si SFR utilise cet argument, Bouygues Telecom a utilisé le même afin d’empêcher Free de devenir opérateur mobile. En 2008, Martin Bouygues expliquait que “Une guerre des prix peut provoquer de 10.000 à 30.000 pertes d’emplois chez les opérateurs“.

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