Partenaires dans le cadre de l’accord d’itinérance qui les lie, Orange et Free Mobile se rencontrent toutes les semaines. On parle bridage ou pas ?

Itinérance Orange et Free Mobile, le comité

Dans une interview accordée aux Echos, Stéphane Richard, le PDG d’ Orange France, a indiqué qu’un comité d’itinérance avec Free Mobile permettait aux deux opérateurs de se rencontrer toutes les semaines.

Il précise notamment que l’interconnexion entre les deux réseaux fonctionne bien, ce qui laisse à penser que les deux opérateurs sont tout à fait conscients des problèmes de débit et d’accès à certaines extensions de fichiers en itinérance sur une antenne Orange . C’est en tout cas un sujet qui a certainement été évoqué à plusieurs reprises lors de ces rencontres.

Orange a les moyens de garantir aux abonnés Orange et Sosh une priorité d’accès à son réseau 3G face aux abonnés Free Mobile mais Stéphane Richard laisse entendre que s’il est tout à fait possible de donner priorité aux abonnés d’ Orange , l’opérateur n’a “quasiment jamais constaté de saturation des communications en 3G, même pendant les pics de fréquentation“.

Mais alors, d’ou vient le bridage de débit Free Mobile ?

Nous qui pensions que Orange s’était fixé un accord avec Free Mobile pour brider les débits des abonnés Free Mobile en cas de forte sollicitation de ces derniers, il semblerait que ce ne soit finalement pas le cas.

Alors quoi ? Quelle réponse reste-t-il à donner face aux déclarations de Stéphane Richard ? A part une demande de Free Mobile visant à brider les débits, on ne voit pas trop ce qui pourrait expliquer la situation des abonnés Free Mobile sur Paris par exemple.

Et pourquoi Free Mobile voudrait-il brider les débits de ses propres abonnés ? L’équilibre entre le forfait 2 euros et le forfait illimité y serait-il pour quelque chose ?

Free Mobile annonçait ses tarifs pour les 3 premiers millions d’abonnés. D’un côté, on est tenté de penser que cette jauge n’était présente que dans le but de recruter énormément d’abonnés en un temps record (pari réussi) et d’un autre, on se dit que Free Mobile n’a de toute façon pas eu le choix face à la concurrence qui s’est rapidement alignée. Du coup, l’opérateur subit ses propres règles de marché.

Mais non, ce serait trop simple de penser que Free Mobile s’est trompé sur ses estimations. La réponse se trouve ailleurs, probablement dans la stratégie de construction de son propre réseau.

Les liens d’interconnexion dont parlent sans cesse Stéphane Richard et Xavier Niel permettent de faire le lien entre le réseau Free Mobile et le réseau Orange . Quelle priorité donner dans la construction du réseau Free Mobile ? La pose des antennes mobiles sur des territoires à forte sollicitation semble capitale.

Il semble logique que Free Mobile préfère investir dans ses propres antennes relais que dans le renforcement des capacités d’interconnexion qui sont de toute façon provisoires. Dès qu’une antenne Free Mobile est activée, les abonnés de l’opérateur n’utilisent plus le réseau Orange et l’interconnexion.

Avec cette logique, on investie moins dans l’interconnexion que dans le déploiement de son propre réseau mais on dispose tout de même d’un réseau qui couvre la quasi totalité de la population Française, même si l’accès Internet en itinérance n’est pas des meilleurs. Et dans le même temps, la facture liée à l’itinérance est moins importante.

Tout ceci n’est qu’un avis sur la situation. Cette dernière doit être beaucoup plus complexe !