C’était donc vrai ! Dans un communiqué de presse, Orange confirme la reprise de discussions avec le groupe Bouygues Telecom.

L’opérateur précise qu’il n’y a pas de calendrier précis mais les rumeurs indiquent qu’il est question de boucler ce dossier d’ici mars 2016. Par ailleurs, Orange précise qu’il n’a pas besoin de croquer un concurrent pour survivre et que “ses investissements et ses positions lui permettent une totale indépendance. “

On comprend donc mieux pourquoi Olivier Rosenfeld avait acheté des actions iliad le jour de l’accord de négociations exclusives entre les deux opérateurs. Il a certainement été informé de cette opération et a donc flairé que l’action iliad allait monter en flèche si Bouygues Telecom disparaît. En effet, un concurrent de moins permet à Free d’obtenir un potentiel de nouveaux clients assez conséquent, surtout quand on sait qu’ Orange ne se battra pas sur les prix et que la situation d’endettement du groupe SFR et les récentes augmentations sur tous les plans montrent que là aussi, la baisse de prix n’est pas d’actualité.

Reste à savoir si Free continuera de maintenir de tels tarifs si un opérateur Telecom disparaît. Moins de concurrence amène moins de pression et moins de compétition. Gageons que cette nouvelle, si elle devait se concrétiser, n’amènerait pas à un tel scénario.

iliad, qui vient de remporter des enchères sur la bande de fréquences 700 mhz, devrait donc, si intéressé, sortir à nouveau le portefeuille pour récupérer une partie du réseau de Bouygues Telecom ainsi que des fréquences mobiles. Mais il pourrait aussi récupérer des clients ou des boutiques, ce dont l’opérateur n’a pas vraiment besoin. Tout dépendra donc de la proposition faite à iliad pour convaincre l’Autorité de la Concurrence de valider une telle fusion. Une chose est certaine, iliad est en position de force car Free Mobile n’a plus vraiment besoin de racheter un réseau mobile étant donné qu’il couvre déjà plus de 80% de la population en 3G et 60% en 4G.

Le groupe de Xavier Niel pèse donc lourd dans le dénouement de cette affaire et on imagine la tête de Patrick Drahi, patron d’Altice, alors qu’il avait proposé à Martin Bouygues plusieurs offres de reprise de Bouygues Telecom.