Dans le cadre de l’offre de Numericable/ SFR visant à racheter Bouygues Telecom, Manuel Valls fixe 5 conditions.

Rappelons tout d’abord que le Gouvernement ne peut pas s’opposer au rachat d’entreprises privées, et ce même si l’Etat dispose de 25% de Orange .

Ceci étant dit et alors que Bouygues Telecom n’a même pas encore étudié le dossier, le Gouvernement via Manuel Valls s’exprime sur le sujet. On retrouve dans cette déclaration la question de l’emploi, de l’investissement et la qualité de service. Bref, rien de nouveau.

Manuels Valls a indiqué que “Toute opération qui ne répondrait pas à ces enjeux majeurs ne peut pas avoir le soutien du gouvernement“. Soutien ou pas, cela ne changera rien dans les décisions de ces entreprises privées qui ont tout à fait le droit de se racheter. Reste que l’Autorité de la Concurrence pourra, elle, se mettre sur le chemin et faire barrière si cela nuit à la concurrence. Et il faut bien le dire, moins il y a d’opérateurs mobiles, moins il y a de concurrence.

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On peut donc penser que l’opération sera un atout pour Free Mobile mais qu’en sera-t-il dans quelques années ? Avec moins de concurrence, aurons-nous des prix qui remonteront ? Oui, le risque est là.

Par ailleurs, Manuel Valls rappelle les enjeux du déploiement du très haut débit en France : “Nos priorités pour le secteur des télécoms sont claires: c’est l’emploi, qui doit être préservé et développé; l’investissement (…) parce qu’il faut couvrir tout le territoire avec le déploiement de la fibre, la 3G sur tout le territoire d’ici la fin 2016; la vente des fréquences pour développer la 4G; l’innovation parce qu’il faut investir dans l’avenir et évidemment la qualité de service pour le consommateur“.

Evidemment, si un opérateur mobile disparaît, l’Etat ne récupérera peut-être pas tout l’argent sur lequel il comptait dans le cadre de la vente des fréquences 700 mhz.

Une pique est lancée au patron de Altice, Patrick Drahi :  “La croissance est au rendez-vous, la baisse du chômage pas encore, tous les acteurs doivent participer -c’est ça le patriotisme économique- au redressement de notre pays […] Nous ne pouvons pas favoriser des opérations qui se solderaient par du chômage et par la perte de qualité dans le domaine des opérateurs télécoms“.

Il insiste sur le fait qu’il doit y avoir un “dialogue entre les différents opérateurs“. Visiblement, avec le communiqué de presse de ce matin concernant iliad, le dialogue a déjà eu lieu en partie.

Cette position fait écho avec le ministre de l’Economie Emmanuel Macron qui ne voit pas non plus d’un bon œil cette offre de rachat avec à la clé la disparition éventuelle de Bouygues Telecom et donc un retour à trois opérateurs mobiles.

source : AFP