Les salariés des centres d’appels de SFR seront en grève demain. Après le rachat de Portugal Telecom par Altice, l’assistance pourrait bien s’y délocaliser.

Un opérateur mobile se soit d’apporter un bon service mais aussi une bonne assistance. Dans le cas contraire, on n’hésitera pas à changer dès que possible. Mais Patrick Drahi devrait également songer à l’image qu’il donne aux consommateurs. L’homme (très riche) rachète des opérateurs, s’endette, mais est suivi par les banques quand un citoyen lambda peut être mis sur liste noire pour un découvert ridicule (en comparaison).

Une pression sans précédent a lieu sur les salariés du groupe, quand ce ne sont pas des départs forcés par suppression de postes. Par ailleurs, Patrick Drahi souligne qu’en France on travaille 35 heures par semaine et que nous avons 5 semaines de congés, ce qui est un problème. Facile de dire qu’il ne remet pas en cause ce modèle mais qu’il le souligne pour argumenter la compétitivité des entreprises en France face aux autres pays. Il faudrait peut-être lui rappeler que la fiscalité des entreprises n’est pas la même en France et qu’on ne peut pas simplement comparer des économies uniquement sur le temps de travail des salariés. Cela laisse un sentiment de mépris face à ceux qui font tourner la boite…

Et justement, ces salariés en ont assez de cette pression. Les centres d’appels de SFR situés en France, en Tunisie et au Maroc feront grève et suivront donc l’appel des syndicats qui tirent la sonnette d’alarme quant à la, selon eux, trop forte réduction des coûts de fonctionnement de l’entreprise.

Si l’on a un temps entendu dire que la solution pour baisser le coût de l’assistance consisterait à délocaliser celle-ci du Maroc à Madagascar, il se pourrait que depuis le rachat de Portugal Telecom par Altice, une autre solution soit envisagée. En effet, dans son offre de rachat, Altice a pris l’engagement de créer 4000 postes dans le cadre de centres d’appels. Coïncidence troublante, un syndicat a repéré quelque chose de troublant : « On s’est rendu compte la semaine dernière qu’une vingtaine de salariés de SFR allaient partir former sur place au Portugal, des salariés aux produits et aux services de l’opérateur français ».

L’assistance téléphonique d’un opérateur mobile basé en France (mais dont le siège est au Luxembourg) dont le patron ne paye pas d’impôts en France va créer des emplois pour un service en France mais pas en France…

On rappelle que SFR vient d’augmenter ses prix et impose un engagement d’un an sur ses offres fixes.

via BFM Business

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