Auditionné ce matin, Jean-Ludovic Silicani, le président du régulateur ARCEP, a renouvelé son choix de soutenir la quatrième licence mobile en France et a contesté les reproches faits à Free Mobile. A-t-il convaincu ? Pas certain…

Pas besoin d’un quatrième opérateur ?

C’est le discours qui a été tenu par les trois opérateurs mobiles avant l’arrivée de Free Mobile, accusant au passage l’ARCEP d’un choix qui n’était pas assez évalué sur les conséquences qui en découleraient.

La stratégie de blocage des Full MVNO

Les opérateurs auraient pu proposer un accord de full MVNO à Free Mobile mais ils ne l’ont pas fait ! Jean-Ludovic Silicani souligne :

S’ils avaient pensé en 2006/2008 à passer un accord de full-MVNO avec Free, la question ne se serait pas posée et ils ne seraient pas dans cette situation, peut-être Free n’aurait-il pas déployé de quatrième réseau mobile. C’est un choix de leur part : ils ont tout fait pour bloquer l’essor des full-MVNO en France alors qu’ils se multipliaient à l’étranger

Une licence bradée ?

Autre argument de la concurrence : Free Mobile a profité d’une licence mobile “peu chère”. Pourquoi l’opérateur a-t-il été le seul à déposer un dossier dans ce cas ?

Si les conditions étaient si favorables, si le prix était si peu élevé, d’autres opérateurs auraient sauté sur l’occasion pour se porter candidat. Or, malgré nos efforts, un seul opérateur a concouru“.

Et les emplois ?

C’est la question sensible : quelles conséquences sur les emplois avec l’arrivée de Free Mobile ?

Je rappelle que le secteur connaît une baisse tendancielle de ses effectifs, donc c’est un peu facile de tout mettre sur le dos de Free

Si la concurrence menace de supprimer des emplois, l’ARCEP rappelle que Free Mobile en créé :

Selon nos calculs, l’exposition maximale sera limitée et compensée par les emplois crées par Free Mobile. Pour les emplois directs nous en sommes à 1 600 postes supprimés via des départs volontaires. Pour les emplois indirects, cela dépend des stratégies des opérateurs mais 1 500 emplois pourraient être touchés

Free aurait récemment crée 2 000 emplois notamment via le lancement de deux centres d’appels en région parisienne. En tout nous avons donc 3 000 en pertes et 2 000 en gains donc le solde est négatif de 1 000 emplois

On a entendu tout et n’importe quoi au sujet des emplois, jusqu’à 70000 suppressions. La réalité actuelle est toute autre.

Cela sera-t-il suffisant pour que le gouvernement ne s’empare pas plus de ce sujet ? Pas certain : Bouygues a eu son petit effet et la commission reste sceptique sur l’impact réel de l’arrivée du quatrième opérateur. Les députés ont été étonné du manque d’études d’impact réalisées avant d’accorder la licence à Free.

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