Si les opérateurs mobiles, en particulier Bouygues Telecom et SFR , annoncent des suppressions de postes, le doute commence à s’installer sur cette nécessité. Serait-ce une tentative visant à mettre en difficulté Free Mobile via le gouvernement ?

Une tentative de trop ?

Tous les scénarios ont été envisagés. Tous ? Reste la piste de l’emploi sur laquelle le gouvernement est sensible.

Bouygues Telecom et SFR accusent clairement Free Mobile d’être responsable de la perte d’emplois dans le secteur de la téléphonie mobile. Il faudrait, selon ces opérateurs, passer par cette étape pour justifier des mesures économiques indispensables face à une situation financière dégradée.

A bercy, on commence sérieusement à douter de ces propos étant donné que la masse salariale des opérateurs en question pèse relativement peu dans le chiffre d’affaires des deux groupes.

Ces doutes non dissimulés font suite à la rencontre entre Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif et Fleur Pellerin, ministre déléguée au numérique. SFR et Bouygues Telecom vont-ils trop loin dans l’attaque de leur concurrent ?

Un analyste financier, Stéphane Beyazian, indique que la suppression de postes n’est pas la seule solution pour faire des économies :

“Cette année, SFR devrait perdre 400 millions d’euros de résultat opérationnel, et Bouygues Telecom, 250 millions par rapport à 2011, et probablement un peu encore en 2013. Des ajustements d’effectifs sont donc malheureusement inévitables, mais ils ne sont en aucun cas le fondement des mesures à venir.”

Même le délégué syndical de la CFDT de SFR n’y croit pas :

“la masse salariale ne représente que 4,5 % du chiffre d’affaires de l’entreprise”. “Même si on virait tout le monde, la société ne gagnerait pas beaucoup plus d’argent !” 

Si Bercy doute de cette nécessité de séparation de salariés, les opérateurs devront à nouveau se rencontrer avec Free Mobile et le gouvernement pour parler de cette préoccupation concernant l’emploi dans le secteur.

source : Le Monde