L’autorité de régulation des Telecom ne fera finalement aucun cadeau à Free Mobile sur la bande 700 Mhz et voici pourquoi…

Free Mobile avait exprimé le fait de souhaiter disposer d’un lot de fréquences 700 mhz de manière quasi assurée dans le souci d’une équité de la répartition du spectre entre opérateurs mobiles. En effet, le dernier entrant ne dispose pas assez de fréquences basses contrairement à ses concurrents. Si dans un premier temps l’ARCEP semblait favorable à cette idée, il n’en est finalement plus rien et Free Mobile devra allonger l’argent pour espérer récolter ces fréquences dont il ne peut se passer.

Le régulateur des Telecom s’est penché plus sérieusement sur la question au niveau juridique. C’est d’ailleurs ce qu’il avait annoncé dans sa réflexion à ce sujet. Et le résultat est sans appel : c’est impossible juridiquement. Le scénario visant à réserver un lot de fréquences 700 mhz à Free Mobile ne peut être tenu juridiquement et l’autorité ne veut pas prendre une décision qui pourrait être contestée et remettre en cause l’attribution de toutes les fréquences 700 mhz aux opérateurs mobiles lors de ces enchères qui auront lieu en juillet.

Free Mobile aurait pu décrocher des fréquences 800 mhz lors de l’appel aux enchères mais l’opérateur avait alors décidé de bouder ces enchères, préférant récupérer un lot dans la bande 2.6 Ghz avec plus de spectre, lui assurant des débits de 150 Mbps contre 115 pour Bouygues Telecom et SFR . Mais avec l’agrégation des fréquences 4G, SFR et Bouygues Telecom sont en mesure de proposer des débits encore plus importants et c’est là que Free Mobile se retrouve coincé dans la course à la 4G+, même s’il pourrait décider de la lancer à l’aide de la bande 1800 mhz.

Bémol, avec le nombre croissant d’abonnés Free Mobile et l’utilisation de plus en plus importante de la data en mobilité, il y a un risque de saturation. Par ailleurs, si Free Mobile veut couvrir plus de territoire avec le moins d’antennes possibles, il se doit de récupérer des fréquences 700 mhz à tout prix. A tout prix ? Cela semble inquiéter l’opérateur qui voit déjà ses concurrents proposer des enchères très importantes afin de couper l’herbe sous le pied au dernier entrant et signer son arrêt de mort par manque de fréquences mobiles.

Reste un espoir : ce n’est pas parce que l’ARCEP rend ce verdict juridique qu’il sera suivi. En effet, Bercy pourrait décider malgré tout d’attribuer un lot d’office à Free Mobile en raison d’une concurrence équitable. Mais nul doute que si cette décision est prise, les concurrents de Free Mobile attaqueront la décision et tenteront de la faire annuler par tous les moyens possibles. Les Echos imagine une pirouette consistant à faire passer un décret bloquant les plafonds de fréquences des opérateurs mobiles, ce qui laisserait indéniablement à Free Mobile la possibilité de récupérer des fréquences 700 mhz, ayant le moins de spectre.

La seule vraie sécurité pour iliad sera de faire un très gros chèque face à ses concurrents. Et visiblement, iliad n’aura pas trop le choix si elle veut survivre dans la téléphonie mobile en France.

N’oublions pas enfin que Bouygues Telecom perd toujours de l’argent sur le mobile et que SFR /Numericable, depuis la fusion, est très endetté. Free Mobile ne sera peut être alors pas le plus mal placé pour avoir la capacité de faire une enchère plus importante. L’enjeu est quand même de taille et Xavier Niel et son équipe ont de quoi avoir des sueurs froides dans ce nouveau contexte où tout est à jouer.

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