Alors que les concurrents n’ont pas perdu de temps et proposent des solutions Femtocell 3G, Free ne propose rien pour le moment malgré les intentions de Xavier Niel. Et si Free optait pour des picocells 4G LTE ?

Femtocell chez Free ?

Pourquoi pas… Xavier Niel en a déjà parlé à plusieurs reprises et indiquait même qu’elles seraient mises à disposition gratuitement. L’intérêt est multiple pour Free Mobile. D’une part, cela permet à des abonnés mobiles de disposer d’un réseau 3G de qualité chez eux, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. D’autre part, même pour ceux qui ont un signal 3G, il s’agit peut-être du réseau d’ Orange . En proposant sa solution femtocell, Free pourrait donc récupérer une grande partie du trafic voix sur son propre réseau et ainsi alléger sa facture d’itinérance.

Au sujet de la data, il n’y a quasiment aucun intérêt avec les femtocells. Free Mobile propose en effet le protocole EAP-SIM qui permet au  smartphone se de connecter directement au réseau Wifi de la Freebox. Alors, à moins de viser les abonnés mobiles dont le smartphone n’est pas compatible avec la norme, cela n’apporterait rien de plus. Non, il s’agit réellement de récupérer le trafic voix qui passe par Orange si l’abonné n’est pas couvert par Free Mobile.

C’est bien beau, mais ce qui coûte cher à Free Mobile, ce n’est pas la voix, c’est la data… alors quel intérêt de déployer cette solution finalement ?

La technologie des femtocells a des limites : si elles sont semi-autonomes, l’avantage est situé au niveau de leur fonctionnement. Une femtocell est capable de détecter la meilleure fréquence et d’appliquer les meilleurs paramètres à la situation. C’est à l’abonné de l’installer, ce qui entend de l’alimenter électriquement et de la connecter au réseau bien entendu.

Dans ces conditions de fonctionnement, l’opérateur distant ne peut à priori pas intervenir comme il le souhaite.

Picocell chez Free ?

Il existe une autre solution… les picocells. Ces picocells sont différentes des femtocells en terme de gestion. Les picocells sont en effet exploitées et gérées par l’opérateur réseau et la transmission des données est au coeur du réseau.

Quel est le coeur du réseau chez Free ? La Freebox Serveur ! Ce routeur que nous installons chez nous fait partie intégrante du réseau de Free. La Freebox Server est au plus proche de l’abonné. Elle contient d’ailleurs une trappe qui ne sert plus le moment… à rien.

Au début, on pouvait imaginer qu’un système dédié à TV Perso pourrait s’y glisser mais force est de constater que Free délaisse complètement cet aspect de son offre et que seuls les détenteurs d’une Freebox V5/HD peuvent encore réaliser leur chaîne de télévision en direct. Il y a donc de très faibles chances que ce soit un module d’encodage vidéo et audio.

En revanche, de par la définition même des picocells, il s’agirait de l’emplacement idéal pour Free. La picocell serait gérée à distance et ferait donc partie intégrante du réseau de l’opérateur.

Quelle différence entre Picocell et Femtocell ?

Mais alors, quel intérêt de proposer une telle solution 3G ? Quelle différence avec la femtocell ? La picocell pourrait être compatible 3G et 4G LTE et Free pourrait à distance charger un profil utilisateur selon le smartphone de l’abonné. Par ailleurs, rien n’empêcherait Free Mobile de faire communiquer une picocell avec une antenne relais Free Mobile et ce, afin d’obtenir une Freebox indépendante que l’on peut utiliser sans ligne téléphonique, notamment en cas de panne ADSL.

Par ailleurs, la picocell pourrait se mettre à jour afin d’utiliser de nouvelles fréquences radio, fréquences qui seront autorisées dans moins de 5 ans par l’Europe et on pense donc à la reconversion des fréquences Wimax dont dispose iliad. Il faut bien qu’elles servent à quelque chose et si iliad remplit ses obligations de couverture, ce n’est pas pour perdre inutilement de l’argent mais pour conserver ces fréquences qu’elle compte bien réutiliser ailleurs quand l’autorisation sera effective.

Un maillage de macrocellules (les antennes relais classiques) avec des picocellules à du sens. Tout comme le fonctionnement des antennes relais, la picocellule peut être configurée avec une liste de picocellules voisines, de sorte que les téléphones mobiles peuvent passer à une autre cellule à proximité et continuer leur conversation sans interruption.

Les femtocells ne peuvent pas être dirigées à partir d’un schéma directeur défini au niveau central et ne peuvent pas communiquer avec d’autres femtocells. Il n’y a donc pas possibilité de continuer sa conversation en quittant son foyer en transitant sur une antenne relais.

Pour les fournisseurs d’accès Internet, une femtocell est une solution facile à déployer et qui ne nécessite aucun paramétrage un fois chez l’abonné. Tout se configure tout seul automatiquement. Si Free a pensé sa Freebox Server comme pouvant accueillir une picocell, l’opérateur prend donc le contrôle sur sa configuration, ses fonctionnalités et ses mises à jour, ce qui fait une grande différence en terme d’évolution pour cette solution.

slot_freebox_server

Quant à la portée, une femtocell propose une couverture d’environs 10 mètres quand la picocell en propose 200.

Reste à savoir si le choix de Free se porte sur cette technologie et si les abonnés sont prêts à activer une nouvel émetteur d’ondes dont les polémiques au sujet des effets sur la santé ne font que grandir. iliad indiquait en 2012 vouloir déployer des solutions femtocell sur l’année 2013. N’est-ce pas pour brouiller les pistes face à la concurrence ?

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