Alors que Free a surpris tout le monde jeudi dernier en proposant une mise à jour de sa Freebox, bloquant par défaut les publicités, plus précisément celles de Google, l’opérateur a désactivé la fonctionnalité ce matin.

En ce moment même, Maxime Lombardini devrait être en entretien avec la ministre Fleur Pellerin afin d’échanger autour de cette question et revenir sur les investissements des fournisseurs d’accès Internet face à la montée en puissance des services tels que YouTube, très gourmands en bande passante et dont Google ne finance absolument rien tout en réalisant des profits insolents.

Si bon nombre de fournisseurs d’accès Internet dans le monde saluent l’initiative de Free, qui a eu pour objectif de montrer à Google qu’il pouvait s’opposer au géant américain en touchant à ses revenus, Free a désactivé ce blocage ce matin, à distance, sans nécessité de redémarrer la Freebox.

Cependant, au delà de l’impact sur les revenus de Google, ce sont aussi les éditeurs Internet qui ont été touchés par ce dispositif. Pire encore, Free a démontré qu’un fournisseur d’accès Internet pouvait mettre en place un filtrage de contenu en place. Si certains se réjouissent que cela touche la publicité, imaginez que l’Etat demande aux opérateurs Internet Français de censurer tel ou tel aspect d’Internet, tel ou tel article d’un site, etc…

On est prêts à parier qu’avec cet épisode, les grandes majors de l’industrie du disque ne vont pas rester silencieuses longtemps et vont faire pression pour interdire l’accès à tel ou tel site Internet qui vient à l’encontre de leurs droits d’auteur… et voilà, nous y sommes presque…

Et imaginez que l’option soit activée par défaut mais que l’on puisse la désactiver : toute personne désactivant un tel filtre devient immédiatement suspect sans même avoir besoin de surveiller les échanges.

Quant à la guerre entre Free et Google, il nous parait vraiment peu probable que Google s’incline si facilement face à un “petit” fournisseur d’accès Internet Français à l’échelle mondiale.

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