Neutralité du net ? Étonnamment, en validant l’avenant au contrat d’itinérance entre Orange et Free Mobile, l’ARCEP valide sans rien dire le bridage volontaire.

Alors que l’ARCEP préconisait une extinction par zones de l’itinérance pour Free Mobile sur le réseau de Orange , un avenant proposé par les deux opérateurs fait mention d’un bridage du débit qui sera effectif dès janvier 2017 là où le réseau Free Mobile est en mesure d’assurer la plus grande partie du trafic pour ses abonnés mobiles.

Un avenant qui bride légalement la qualité de service

Cet avenant a été validé par l’ARCEP et va donc à l’encontre même des convictions de l’ARCEP concernant la neutralité du Net. Le 28 février 2015, le président de l’ARCEP, Sébastien Soriano déclarait : « En France aussi, nous voulons un Internet à une vitesse ». On ne peut que donc s’étonner de la validation d’un tel avenant.

Pour Free Mobile, nul doute que l’avantage est de taille. L’opérateur va pouvoir bénéficier d’une couverture via le réseau Orange jusqu’en 2020 et assurer un service correct pour les appels et SMS. Concernant les MMS et la data, il faudra donc compter uniquement sur la couverture du réseau en propre de Free Mobile.

En effet, si à l’heure actuelle l’itinérance Orange n’est pas officiellement bridée, on se demande bien ce qu’il en sera lorsqu’elle le sera en janvier 2017. Free pourra faire des économies sur la facture liée à l’utilisation du réseau d’ Orange en restreignant volontairement le débit mais les abonnés risquent de se retrouver avec un service très dégradé.

Des fréquences pour Free Mobile

D’ici là, Free dispose encore de 7 mois pour étendre sa couverture réseau et renforcer ses capacités d’écoulement du trafic data. Par ailleurs, les fréquences 1800 mhz et 700 mhz viendront étendre la couverture 4G de l’opérateur. Encore faudra-t-il que les abonnés soient équipés d’un smartphone capable de se connecter à de telles fréquences. Ce sera peut-être alors l’occasion pour Free de dévoiler son FreePhone développé en interne et mis à disposition de ses abonnés via une formule tarifaire alléchante. L’avenir nous le dira. Comptons également sur les fréquences 1800 mhz avec 15 mhz de spectre, en cours de déploiement sur tout le territoire.

Des contraintes techniques ou une question d’argent ?

Dans tous les cas, il est bien étonnant de constater que l’ARCEP valide de telles règles au lieu de préférer l’extinction pure et simple de certaines zones en itinérance à partir du moment où elles sont couvertes par Free Mobile. Ce dernier aurait-il des craintes quant à la capacité de supporter l’ensemble du trafic sur son propre réseau sans itinérance ?

Si Orange accepte de telles règles du jeu, l’aspect technique d’extinction par plaques peut se poser. Est-ce si simple à mettre en place et cela ne mobilise-t-il pas trop de déplacements de techniciens ? D’un autre côté, Orange s’assure une rente tant que Free Mobile exploite son réseau mobile…