Si l’ARCEP a donné son feu vert à Bouygues Telecom pour déployer son réseau mobile 4G sur la bande de fréquences 1800 Mhz, ses concurrents comptent bien tenter l’annulation de cette décision.

Le premier octobre 2013, Bouygues Telecom sera autorisé à émettre un signal 4G sur la bande de fréquences 1800 Mhz et sera par la même occasion le seul opérateur mobile Français en mesure de proposer la 4G sur l’iPhone 5. Mais surtout, Bouygues Telecom sera en mesure de proposer un réseau 4G sur une grande partie du territoire Français là où les autres opérateurs construisent un réseau mobile compatible 4G quasi inexistant.

Stéphane Richard, le PDG d’ Orange France ne compte pas se laisser faire si facilement et dénonce ce changement de règle alors même que les opérateurs mobiles ont dépensé des sommes très importantes pour l’obtention de ces licences 4G sur les bandes 800 Mhz et 2.6 Ghz. Orange retient la possibilité d’attaquer cette décision de l’ARCEP devant les tribunaux :

Nous avons évoqué cette possibilité au conseil d’administration, mais rien n’est encore décidé. Ce n’est pas tant que nous sommes opposés à ce que l’on utilise les fréquences 1800 pour faire de la 4G, même si cette possibilité ne bénéficie en fait qu’à Bouygues Telecom qui dispose de davantage de spectre pour deux fois moins de clients que les autres. Et cela n’a rien à voir avec l’itinérance qui occupe moins de 20% de notre fréquence 1800. Au-delà de cette décision contestable, notre objectif est de proposer à nos clients la meilleure 4G le plus tôt possible” indique le patron d’ Orange à Le Figaro.

Par ailleurs, zdnet affirme qu’un autre opérateur va également réagir. Un haut responsable indique : “On va faire quelque chose, on va attaquer“. On pense à SFR étant donné que Free Mobile semble se réjouir de récupérer une partie de spectre 1800 Mhz pour proposer un réseau 2G dont il ne dispose pas.

On pense d’autant lus à SFR quand le haut responsable répond que “La 4G est l’occasion pour les opérateur de faire remonter les prix mais en donnant cette arme immédiate au numéro trois, il aura la possibilité de fixer des prix faibles, ce qui conditionnera le marché. La sortie du tunnel sera donc retardée. L’Arcep a donc trouvé les moyens d’ajouter des pierres dans le sac à dos des acteurs du secteur“.

Et si Bouygues Telecom devra payer cher pour cette utilisation en 4G, le calcul serait tout de même profitable. Ce haut responsable a déjà sortir la calculette : “Il faut faire le lien entre le prix et le timing. Le fait d’autoriser Bouygues Telecom à anticiper ce refarming d’un an et demi vaut des dizaines de millions d’euros“.

Après les syndicats CFE-CGC/Unsa de France Télécom- Orange qui ont saisi le Conseil d’Etat, quel opérateur mobile entre Orange , SFR et Free Mobile va entamer une procédure à l’encontre de Bouygues Telecom dans le but de refuser ce déploiement 4G ?

Dans tous les cas, il y a peu de chances que cette décision de l’ARCEP soit contestée, la Commissaire Européenne ayant demandé aux états membres de tout faire pour accélérer le déploiement 4G en Europe. Rappelons d’ailleurs que Orange et SFR disposent également de fréquences 1800 Mhz qu’ils peuvent convertir en 4G sur “simple” demande depuis que Bouygues Telecom y a été autorisé.